Certains enfants dyspraxiques parviendront à écrire surtout
s'ils ont suivi une rééducation (en ergothérapie)
d'autres auront beaucoup plus de mal, et il faudra alors privilégier
l'écriture clavier. Mais, il faut toujours être conscient
que pour l'enfant dyspraxique gérer laborieusement le contrôle
du dessin des lettres est une tâche qui absorbe toute son attention,
ne lui laissant que peu de disponibilité pour gérer simultanément
d'autres informations, plus conceptuelles : écouter ce qui est
dit, faire attention à l'orthographe.
Il faut avoir conscience que l'enfant a des difficultés
en écriture :
- à cause de son problème praxique(difficulté
à automatiser les gestes),
- car il va se contracter (phénomène de paratonie)et
être encore plus gêné pour écrire,
- car il a du mal à se répérer dans l'espace
plan et que tous les balisages destinés à baliser cet
espace (les lignes, les marges, les carreaux ) vont le perturber davantage
au lieu de l'aider.
Il faut limiter l'écriture manuelle autant
que possible :
- mots isolés, écritures des chiffres,
- prévoir des exercices à trous.
On peut tolérer un graphisme malhabile et agrandi,
à condition qu'il soit lisible : l'enfant doit pouvoir se relire.
Ne jamais encourager les aspects « présentation
» ni la qualité de l'écriture manuelle au
dépends de la rapidité d'exécution ou de la lisibilité.
Eviter de faire copier l'enfant :
Ne pas lui faire copier les leçons, les poésies
, les devoirs..car cela engendrerait une fatigue trop importante, copier
ne l'aide pas à mémoriser ! Il faut donc :
- Fournir à l'enfant des photocopies de qualité (présentation,
contraste) ou scanner les textes,
- Noter les devoirs dans son cahier de texte ou désigner un
« secrétaire »(enfant, AVS) pour le faire,
- L'orthographe d'usage doit être apprise oralement (répétition,
épellation, ethymologie).
- J'utilise les lettres magnétiques pour travailler l'orthographe
pour renforcer l'apprentissage à l'oral. Cela lui permet
de mieux intégrer la structure du mot et d'effectuer des
manipulations sur le mot ex : travail sur les homonymes : un saut
, un seau, un sot .
Privilégier l'écriture clavier :
- Il faut inciter l'enfant à utiliser le clavier de son ordinateur,
- il faut valoriser ses productions : présentation, lisibilité,
rapidité d'exécution.
Des conseils pour aider ceux qui arrivent à
écrire :
-
ne pas faire copier à partir de modèles,
" la copie est toxique",
-
on peut guider la main de l'enfant quand il écrit
pour "qu'il sente le geste ", il apprend les tracés
à l'aide de sa mémoire kinesthésique
et non à l'aide de sa mémoire visuelle, il faudra veiller
à ce que le tracé des lettres se fassent toujours de
la même façon,
-
proposer d'écrire ou de tracer sans
regarder,
-
accompagner verbalement les mouvements
(on monte, on tourne vers la gauche et on redescend tout droit, puis
on tourne vers la droite...)
-
utiliser des outils qui glissent bien (Velleda,
stylo bille gel, feutres...),
-
penser à varier les supports et leur
orientation ex :écrire sur un tableau velleda à
la verticale,
-
Utiliser des cahiers qui n'ont qu'une ligne
(clairefontaine), car les lignages sont bien souvent une gêne
plutôt qu’une aide. (Si l’enfant accepte d’avoir
des cahiers différents.)
-
Si l'écriture cursive est trop difficile pour
lui , préferer l'écriture scripte qui
élude le probléme des attaches entre les lettres, mais
en étant vigilant sur les espaces entre les mots qui doivent
être plus larges que les espaces entre les lettres.( L'écriture
scripte est souvent plus facile que l'écriture bâton
car il y a moins d'obliques)
Il faut toujours que l'activité d'écriture
ait un sens : on écrit pour se souvenir, pour communiquer
à distance (correspondance .) pour raconter, pour remercier,
pour convaicre...C'est important d'en tenir compte pour motiver l'enfant.
Guy Réveillac compare l'apprentissage de l'écriture
avec l'apprentissage (praxique) du dribble au basket-ball." Un
enfant ordinaire apprend à dribbler en regardant le ballon
rebondir. Petit à petit, il faut qu'il apprenne à dribbler
sans regarder, car le but d'un dribble c'est de pouvoir regarder en
même temps la position de ses partenaires et adversaires. Donc,
il doit devenir capable de ne se fier qu'à ses sensations tactiles
et kinesthésiques et non visuelles. L'enfant porteur d'une
dyspraxie visuo-spatiale doit apprendre d'emblée à dribbler
sans regarder.C'est sans doute plus long, plus difficile surtout au
début mais l'objectif reste identique"
Il faut également faire atention que la posture corporelle
soit convenable pour éviter que l'enfant ne se contracte
en écrivant. Pour un jeune IMC, il faudra peut être adapter
la table selon les conseils de l'ergothérapeute pour faciliter
l'écriture (proposer une table évidée au niveau
de la poitrine de manière à permettre un bon appui de
l'avant bras.)
Les mathématiques au primaire
Les enfants dyspraxiques souffrent pour la plupart de troubles
de l'organisation du regard et de la structuration spatiale, troubles
qui sont à l'origine de leurs difficultés en arithmétique
et en géométrie. Suite
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L'enfant dyspraxique aura amélioré sa dextérité
manuelle depuis la maternelle,mais il éprouvera toujours
des difficultés pour manipuler et ranger ses affaires :
Quelques conseils :
- choisir une trousse qui se fermera facilement, avec un gros
zip plutôt qu’un clip,
- choisir un cartable à scratchs (au besoin fabriquer soi-même
des fermetures à scratchs passant dans deux gros anneaux,
- prévoir un pot à crayon, pour qu'il retrouve ses
affaires plus facilement sur son bureau
- lui donner des tubes de colle en stick, des feutres plus gros
et des crayons triangulaires (mine plus grosse, préhensionnplus
facile)
- prévoir des feutres fluos pour surligner et aider aux
repérages visuels,
Pour finir, il faut aider l'enfant
(c'est le rôle de la famille, de l'AVS) à gérer
sa trousse, son cartable, ses différents cahiers...il faut
pallier au manque d'autonomie induit par la dyspraxie. Il ne doit
pas être pénalisé car il oublie ses affaires...
En savoir plus sur le graphisme et l'écriture
manuscrite voir mémoire de Guy Réveillac
L’intégration
scolaire en milieu ordinaire des enfants IMC atteints de dyspraxie
visuo-spatiale : "Certains enfants arriveront
à reproduire des mots sans exigence de la taille des lettres,
d'interligne ou de mise en page, mais n'arriveront pas à
intégrer tous ces paramètres de complexité.
Pour certains enfants, ces difficultés peuvent être
discrètes, et ne révéler qu'une lenteur et
une relative irrégularité"
En savoir plus sur les dysgraphies : Evaluation
psychomotrice des dysgraphies J-M Albaret sur le
site de l'Institut de Formation en Psychomotricité,
Pour motiver l'enfant à utiliser son clavier,
choisir une activité d'écriture qui ait un sens ex
: correspondance sur le net . Au début , quand l'enfant n'est
pas performant pour utiliser le clavier, écrire sous sa dictée
et lui faire taper seulement quelques mots;
Pour se familiariser avec les touches du clavier , lui faire écrire
des prénoms ou les noms de ces héros: ça marche
très bien avec les pokémons.
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