2025-02-11
20 ans après ou en sommes-nous ?
Où en sommes-nous aujourd'hui ? : - ) Nous en sommes que chaque jour est une bataille. Il a fallu que je travaille la nuit de nombreuses années pour pallier au handicap de mon fils qui est concerné par une dyspraxie qualifiée de " Moyenne à sévère «. Aujourd’hui, je travaille de nouveau la journée car je me suis épuisée à ne pas accéder au repos durant plus de 7 années. Ce qui sous-entend que je laisse mon fils davantage en autonomie, avec ses conséquences. C'est-à-dire des manquements, oublis, défauts d'organisation et de planification. Il a fait des progrès grâce à une psychomotricienne qui lui a appris à faire ses lacets, Suite à une humiliation en cours de sport où le professeur lui a demandé de faire immédiatement ses lacets et ce à quoi mon fils avait répondu " je ne sais pas les faire". Cela avait donné lieu à des moqueries puisque l'attitude du professeur a été de renforcer sa dévalorisation qu'il s'inflige lui-même en lui disant " À 14 ans tu ne sais pas faire tes lacets c'est pas possible ça ". Certains des élèves se sont esclaffés quand d'autres se sont agacés de cette réaction. Nous en sommes qu'il a progressé, sans casier, avec 3 cartables, 1 pour les affaires scolaires, 1 pour l'ordinateur, 1 pour les affaires d'atelier. Il n'y a pas de casier disponible, il faut tout porter. Il n'y a pas non plus d'ordinateur fourni par le lycée en dépit de notification mdph à jour et valide jusqu'en juillet 2025. Je lui ai acheté un ordinateur. Nous en sommes que le jugement est en fonction du degré d'humanité du professeur en face, sa formation en dys ou pas, sa spécialité en matière, sa patience etc.......Le déroulé des journées est influencé par la capacité d'un professeur à accepter que l'élève est en difficulté, même s'il mesure 1m74, que son handicap est invisible , qu'il tombe, se cogne et il arrive même qu'on pense qu'il veut amuser la galerie en agissant ainsi, ce qui est source de réprimandes. Nous en sommes que j'ai mobilisé pour mon fils pas moins de 9 professionnels différents que sont le neuropédiatre, la psychologue, un ergologue, une psychologue, une orthoptiste spécialisée dans les bilans neurovisuels , une nutritionniste, un podologue, une orthophoniste, une neuropsychologue , le tout sans autre personne que moi-même pour établir un lien car tout est cloisonné. Cela signifie que le parent doit, s'il veut avoir des aménagements pour son enfant, devenir un expert des dys, avoir un emploi du temps qui s'étire à l'infini, répartir, organiser, justifier, le tout pour espérer avoir des aides. L'accompagnement aide humaine est acquise et précieuse, sans quoi la scolarité de mon fils jusqu'en 3eme aurait été impossible. Les réussites de mon fils c'est d'abord qu'il soit arrivé jusqu'en 3ème, au prix de changements d'école tous les 2 ans à cause de harcèlement scolaire. Oui un enfant différent, c’est un enfant vulnérable. C'est une réalité. Son évolution, nous la devrons à son projet professionnel puisqu'il s'oriente vers un CAP travaux forestiers. Nous avons obtenu difficilement une approbation du corps enseignant pour ce projet. Il y était opposé jusqu'à une seconde réunion au cours de la même année pour laquelle il fallut se justifier des démarches entreprises et valoriser des acquis sur l'autonomie. Tout ce qui est arrivé de bon, nous le devons à sa patience, son acceptation d'être aidé, guidé. Il sort de ses journées éreintées d'avoir dû compenser. C'est aussi le garçon le plus poli de sa classe et il a un humour très développé. Il est très apprécié par son AESH. Il a intégré les scouts pour valoriser un autre rapport à l’adulte, qui était souvent bâti sur le modèle de l'école. Il y apprend l'autonomie aussi. Nous avons amélioré sa dyspraxie avec un abonnement à de l'accrobranche. Je vous remercie de votre attention.