2025-02-15
20 ans après ou en sommes-nous ?
Bonjour, voici le parcours de ma fille : Marie a 31 ans. Elle a été diagnostiquée dyspraxique avec dysgraphie, dyscalculie, dysorthographie, trouble de l’attention, de la concentration, de l’organisation. Pendant 10 ans, elle a fait des séances d’ergothérapie, orthophonie, psychomotricité, psychologue. En CP, un PPS a été mis en place avec quelques adaptations plus ou moins respectées. Les instits ont été, soit compréhensifs, soit rejetant. En 6e, elle est assistée d 1 AVS. Certains profs ne l’acceptent pas. Elle est dispensée de sport et technologie. En 3e, elle est gravement malade avec chimio. Elle continue le collège avec 1 homme de 63 ans, inflexible, pas aidant ni empathique comme AVS. Les profs ne sont compréhensifs. Elle réussit à avoir son brevet des collèges. En BEP, plus d’AVS, mais un ordinateur. Le harcèlement scolaire a commencé malgré l’explication de son handicap, menace de plainte… Elle a son BEP. Elle continue en 1re, terminale, mais arrête 3 mois avant le Bac. Psychologiquement, elle n’en pouvait plus de ce harcèlement permanent, de l’isolement, des difficultés d’apprentissage, de la non-coopération des professeurs. Son rêve était d’être aide-soignante. Elle a réussi à faire l’école d’aide-soignante avec difficulté, mais elle a eu son diplôme. Ses premières expériences professionnelles ont été compliquées dues à son trouble de l’attention, organisation, fatigabilité. Puis, elle a trouvé un poste dans un service de soins à l’hôpital. Ses collègues étaient compréhensives et acceptaient sa lenteur, la désorganisation, mais la cadre, non. Elle est allée en salle de réveil, mais dans le cadre pas sympa. Elle est allée au bloc opératoire où le harcèlement par ses collègues a commencé. Elle était trop gênée par ses troubles. Et la cadre ne voulait pas tenir compte de son handicap alors que Marie lui avait expliqué. À noter qu’elle est à la MDPH depuis ses 6 ans et qu’elle est RQTH. Donc le médecin du travail lui a mis des restrictions : pas de travail en 12h, pas de travail de nuit et lui a demandé 1 poste adapté. Elle est devenue aide-kiné. Elle a expliqué à ses collègues kinés en quoi consister son handicap. Le 1er kiné ne l’a jamais accepté et à voulu la frapper avec un autre collègue. Il est connu pour être violent. Elle est allée travailler avec l’autre kiné. Marie a de nouveau expliqué qu’elle avait besoin d’être encadrée. Ses cadres ont dit que ses collègues n’étaient pas ses parents et qu’elles ne tenaient pas compte de son handicap. Le 2e kiné la harcèle depuis 1 an. Il lui a dit qu’elle était nulle, que personne ne l’aimait inutile... Elle est en arrêt de travail depuis 2 mois. Elle a été convoquée par la DRH qui a été ignoble : qu’elle soit RQTH n’est pas pris en compte, tout est de sa faute, elle doit apprendre la définition de harcèlement, qu’elle reste en arrêt de travail pas de poste pour elle... La vie est très résumée, car il y a encore plein de choses à raconter. Je voulais dire que ma fille est forte, persévérante, résiliente avec énormément de volonté. Elle descend très bas dans son estime, mais réussit à remonter à chaque fois. Elle aime son métier, à un relationnel exceptionnel avec les patients. Je voulais vous dire que cette loi qui a été votée il y a 20 ans a très peu apporté à sa vie. Son handicap invisible lui "pourrit" sa vie. Et même les institutions publiques, notamment l’hôpital, ne sont même pas capables d’appliquer cette loi et de faire de l’insertion correctement. Je suis très en colère de la façon dont elle est traitée et de ce manque de considération. Merci de m’avoir lu.